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samedi 30 décembre 2006

Un (Ah!)

1er janvier 1997, Alaska


Au rayon des articles pour hommes, un fut, à l'origine, défini comme masculin.

Les origines de cette association semblent reposer sur la recherche d'explications du monde liées à la métaphysique (incluant l'ontologie et la religion) et à une partie de la philosophie lesquelles opposent deux principes à la base de l'univers : l'un mâle et l'autre femelle. Fondement ancien de la dialectique, pour qui chaque élément s'oppose à un autre qui le contient en partie et avec lequel il forme une unité.

Adam et Ève / Barbie et parfois Ken
Adam et Ève, Albrecht Durer
/ Barbie = Barbara Millicent Roberts, 1959)
Barbie et Ken

Un est l'opposant, un est le tout divisé en deux uns.

Oui opposé à non suppose que dans le principe du oui, il y a une partie de celui du non et vise versa. On n'opposera pas oui à eau, par exemple, mais oui à non, feu à eau, indépendance à fédéralisme, etc.

Nous connaissons tous le Yin (lune, sombre, féminin) et du Yang (soleil, brillance, masculin) qui remontent à la nuit des temps de la philosophie chinoise. Le psychanalyste Jung (mort en 1961), parlera des pôles masculin et féminin, respectivement Animus et Anima, en très bref, la somme des images de l'homme intériorisées, portées par la femme et celles de la femme portées par l'homme.
Chaque pôle portant son contraire, l'un se définissant par rapport à l'autre, il arrive, selon lui, que l'aspect du sexe opposé contenu en nous soit refoulé par l'éducation. Aujourd'hui, on parle plutôt de genrification, d'impositions idéologiques de modèles, etc.

Dieu, cet être unique en trois personnes (vous suivez toujours ou vous songez aux bienfaits du
rasoir d'Ockham?) prétendaient certains, avait créé l'Homme à son image, à sa ressemblance et pour que celui-ci ne s'ennuyât point, le Créateur avait tiré de cet être pourtant parfait, fini, complet, une autre chose animée, une fff f ff-f f f - , un truc.

Dieu venait ainsi de commettre l'erreur boréale ou tropicale de sa vie. Heureusement, il était éternel, lui. Mais l'éternité c'est long, surtout… Adam, Ève. La coupable, sur qui repose la faute o-ri-gi-nelle. Bref, la responsable au grand complet de la sexualité et du désir masculin, perçu comme incontrôlable alors que sa propre sexualité reste diffuse, inconsistante, potentiellement inexistante, si non réveillée par l'homme (Walt Disney en a fait d'innombrables succès).

La femme, proie invitante, séductrice, le petit un, l'homme actif, chasseur, le GRAND UN. Et voilà le bibelot, la muse, celle qui ne fout rien mais décore, inspire, se fait belle, se tait et enfante pour l'homme. Voilà le père absent, distant, autoritaire, qui, de toute évidence, n'a ni émotions, ni sentiments. Il faudra donc contrôler la femelle, qui n'arrête pas de merder, là, mettant en péril le beau un total..
Philosophie dans le Boudoir, Magritte

Sérieux : l'antique dialectique a suivi une lente évolution, marquée, en Occident, par G. W. F. Hegel (1770-1831), critiquée et réappropriée par Marx (1818-1883), Engels (1820-1895) et Cie, sur les bases d'une explication totalement matérielle du monde, le matérialisme historique et sa philosophie, la matérialisme dialectique. Parallèlement, refonte de la physique, nouvelles considérations d'ordre épistémologique, bouleversements dans l'approche des phénomènes structurels et sociaux.

Le monde matériel n'est plus considéré comme l'un, défini par rapport à l'autre l'au-delà, dont l'existence n'apparaît plus nécessaire à l'explication (au contraire). Le monde matériel est questionné à partir de son propre « contenu ».
Premier gratte-ciel parisien, 1958, XIIIe arrondissement
Architecture de la solitude


Des paradoxes découlant des théories du complexe d'Œdipe de Freud liés, notamment, à l'éthologie de la famille, on évoluera vers celles de la constitution du sujet, de l'un par rapport à l'autre, non seulement par processus distanciatif mais via la construction positive d'une
frontière (Anzieu) entre moi et l'autre. Les luttes menées en faveur du développement des droits des femmes contribueront aussi à l'évolution des sciences sociales dans leur ensemble.

Les approches féministes et postféministes bouleverseront certains principes relatifs aux définitions machistes de départ.

Si autrefois, la femme apparaissait comme « privée de pénis », on considère aujourd'hui que sa jalousie ou son envie est plutôt une théorie masculine basée sur le déplacement de sa propre jalousie, envie de procréation et son angoisse par rapport à sa condition de non contrôle par rapport à sa propre reproduction génétique.

Finalement, n'a-t-on pas envie de ce qu'on n'a pas.
Trop de Barbies, un seul Ken.
Presque toutes les Barbies se retrouvent seules dans leur grande absolument-de-rêve-maison. Les
Bratz ont compris? Pas vu de garçons chez ces poupées qui ressemblent à beaucoup de petites filles autour de nous (sic(k).

Dans l'analyse de la société et des relations socales, un existe, traditionnellement, surtout dans un rapport binaire : l'un par rapport à l'autre, opposé, ou l'un apparaît toujours supérieur à l'autre, comme génétiquement, intrinsèquement. Même chez ces modèles analytiques permettant d'analyser la construction sociale de ces modèles, déterminés par des conditions économiques, politiques, idéologiques, culturelles.
Ken : défi trop grand; harem = tâche impossible.Vivre seul de son côté?
Il doit bien y avoir une solution…


Les explications du monde, de l'inconnu, se calquent naturellement sur ce qui est plus familier. Ainsi construit-on les modèles.

À suivre juste en bas…
Et une très heureuse année 2007, d'ici là!

Un (Ah! Ha!)

C'est singulier comme un est pluriel, et de plus en plus. Laborieux cheminement.

SINGULIER/PLURIEL

En effet, dans un contexte spécifique, il apparaitra tantôt en fonction numérale, dans un contexte plutôt arithmétique ou mathématique, tantôt comme indéfini, dans un contexte définitionnel ou lexical. Combien avez-vous d'enfants, J'en ai trois. J'en ai cinq. J'en ai un. Qu'est-ce que c'est? Comment s'appelle ce truc, là-bas? C'est un cheval, voyons. Un cheval. Un chameau? Non, Un cheval.

Les deux contextes sont souvent inter reliés : Oh mais, dites-moi, qu'est-ce que vous avez dans votre valise monsieur? J'ai trois livres subversifs, un pyjama, deux pantalons, une bombe aérosol… Une bombe monsieur? Une bombe aérosol, monsieur le douanier. C'est pour ne pas sentir mauvais. Est-ce que c'est interdit? Si, c'est interdit. Cela peut exploser. Ah bon, alors je vous la laisse, si vous voulez.

Bombe et bombe

L'un ne va pas sans l'autre. Or, nous sommes tous l'autre d'un autre, et chaque autre est son un. Nous voilà revenus à la dialectique. Et aux développements de la linguistique, de la psychologie, des sciences cognitives et de la psychanalyse. On le croit saisi, le voilà démultiplié. Un est un singulier pluriel.

Un est tunique : un seul corps, homogène en apparence, ou chaque être a pourtant besoin d'être reconnu comme unique.

Un est tunique

Éclairage lacanien sur la constitution du sujet : nous voilà au stade symbolique, celui de la formation du symbole, donc du langage, de l'image, de la représentation, de la constitution partiellement organisée de l'imaginaire. Vers 7 ou 8 mois, l'enfant réalise (Lacan) ou confirme (Dolto) que le corps aperçu dans le miroir est le sien, différent de celui de l'Autre, qu'il s'agit d'une image, d'une représentation. Ce stade constitutif de l'identité de l'un par rapport à l'Autre conduira plus tard, vers l'âge de deux ans, à l'affirmation de l'identité via l'opposition. « Nnnnnon! » sera expérimenté à répétition dans divers contextes, ses effets analysés, l'expérience répétée, les parents épuisés. L'un s'attribue la toute-puissance et l'Autre est perçu comme le serviteur, plus ou moins.

Moi est/et l'Autre… Le stade du miroir

C'est au cours de ce stade que le jeune bambin consentira peu à peu, moyennant quelques récompenses (plus tard, troc, argent, etc.), à se défaire de cette partie chaude et odorante de lui-même dont il est loin d'être sûr de vouloir se départir. Ce sera son premier cadeau matériel et symbolique. Étape de l'appropriation de la contrainte, gestion forcée de la pulsion en même temps que de la protection de l'extérieur. Le développement des feuillets intérieur et extérieur (Anzieu). Système moins binaire, moins oppositionnel, bien qu'il le paraisse sous certains aspects, mais qui repose encore sur la définition de la dialectique hégélienne, thèse, antithèse, synthèse. Se construire veut aussi dire se choisir, s'opposer. L'amour…


Système binaire, embourbé dans ses euh… contradictions.. Vraiment très ennuyeux, ça, quand il s'agit de construire une société sur la base d'une lecture scientifique ou dite telle.

Dans le modèle dialectique, il y a un postulat : le grand un finira par l'emporter sur le petit un et cette victoire mènera à la création d'une nouvelle entité. Ainsi en était-il pour le modèle de société proposé par Marx, Lénine et Cie. La victoire du prolétariat sur la bourgeoisie allait entrainer la création d'une nouvelle structure sociale dans laquelle ne subsisteraient que des contradictions mineures. (Oups!)

Cette opération devait se faire via la « rééducation » des intellectuels et celles des prolétaires. Les premiers avaient la connaissance théorique et les seconds, la pratique. C'est le prolétariat qui constituait la force révolutionnaire, le grand un, parce que c'est cette classe qui était exploitée (ce que reconnaissait Hegel : l'esclave est celui qui continuera l'histoire et non le maitre). Il fallait taper (exterminer au besoin; camps de travail, etc.) sur l'intellectuel parce qu'il avait tendance à se croire supérieur… Hummmm…

Deux des multiples versions de l'unique personnage de Mao Dse Dung réalisées par Andy Warhol,
camp de travail de Hung Nam, en Corée, livre
Une personne qui change d'opinion s'oppose à l'idée qu'elle avait avant (en l'incluant) et se perçoit donc comme en dehors, différente de cette idée, pour ensuite se redéfinir elle-même en incluant cette nouvelle opinion. Simple, hein? Pourtant, bien des gens autour de nous semblent peu enclins à se percevoir comme en dehors d'une idée, si on pense notamment, à la religion ou à une idée fortement ancrée (le temps des Fêtes a été l'occasion de vous en rendre compte? Les (r)accommodements raisonnables aussi?

Pour arriver au modèle marxiste, il faut aller au-delà de la conception phénoménologique de la dialectique hégélienne, pour qui « être » et « pensée » sont identiques. Remettre, selon Marx, cette philosophie « sur ses pieds », en introduisant la « pratique », transformant l'objet et rétroactivement se transformant, au centre de ce nouveau modèle. Dans le modèle marxiste (de nos jours post-marxiste), la pensée s'explique par l'être plus précisément par les conditions matérielles dans lesquelles évolue l'individu. Pour qui s'intéresse à l'analyse interdisciplinaire de la société, le rapport entre Hegel, Marx et Lacan est passionnant.

Oké, c'est ici qu'on se réveille…

Cela veut dire que de nos jours, on n'explique plus les idéologies par la nature profonde mais plutôt par les conditions économiques, politiques, culturelles et idéologiques déterminant l'existence des individus et les idéologies et modèles idéologiques dont ils sont imprégnés dès leur naissance.

Bébé rose, bébé bleu, jaune si on n'est pas certain…
Homme «
rose » (comble du désespoir idéologique!!!)

Cyniquement amusante, pourrait-on dire, la dialectique matérialiste , qui se base sur la nature contradictoire de toutes choses pour promouvoir l'anéantissement de celles-ci, enfin, des principales. Pourtant, d'intéressants développements se poursuivent de nos jours qui s'appuient sur certaines de ces bases théoriques, embrassant une interdisciplinarité devenue incontournable. Pas plus question de réduire l'explication du monde à une mécanique binaire qui serait nécessairement abolie que de réduire l'explication de la société à une telle binarité.

Une planète avec de la vie, un système solaire, un créateur, un ci, un ça… Toutes conceptions depuis longtemps éclatées.

L'atome, puis, les protons et les électrons (leptons, fermions), puis, les neutrons, puis, les nucléons, eux-mêmes constitués de quarks et de gluons, etc.… Ce qui auparavant était considéré particule élémentaire contient d'autres éléments. Le monde de l'infiniment petit est fascinant. Je ne suis pas du tout, du tout une spécialiste, seulement une très intéressée.

Il n'y a pas que de la poésie dans les sciences physiques et les explications de l'univers et de ce qui nous entoure. Il y a de l'humour! En physique, un MACHO est un MAssive Compact Halo Object. Ça résume quand même assez bien, non?

Le un prend des proportions vachement intéressantes, là. Singulièrement pluriel.

À suivre…

Pour l'alphabet, passez ici…

Un (Ha! Ha! Ha!)


Un

Volontaire, la solitude est un bienfait, une retraite avant de revenir, chacun à son rythme, à sa fréquence dans la quantité que l'on ne choisit pas toujours. Forcée, quel poids!

Être ou ne pas être, un ou zéro. J'en ai un, tu n'en as pas. Je suis, tu n'es pas. Notre société d'hyperconsommation définit la plupart du temps l'être par le biais de l'avoir. Le billet.

Allez voir...


Le carré de plastique sera la monnaie d'échange, (non) odorante (l'argent n'a pas d'odeur), portant ma signature, partie (chaude-froide) de moi que je n'ai pas encore et que j'anticipe. LE un se vit au futur antérieur. En Occident, où l'individu alisme semble presque religion, c'est dérision car les courants idéologiques à tendance dominante ont tôt fait d'interpeller leurs disciples, toujours à l'affût des dernières tendances. L'un et l'autre. L'un comme rapport au multiple n'est pas encore envisageable.


Un introduit l'idée du zéro, et ce faisant de l'accumulation, mais aussi d'une suite..



Je ne serais rien sans toi. Et toi, sans moi? Mon alter ego, mon complément jamais entier, mon mal nécessaire, mais alors, quoi? Tu deviendrais ma soumise. Mon maitre? Je serais l'ombre de ton ombre…

« Le territoire, c’est d’abord la distance critique entre deux êtres de même espèce marquer ses distances. Ce qui est mien, c’est d’abord ma distance, je ne possède que des distances. […]. Au besoin, je prendrai mon territoire sur mon propre corps, je territorialise mon corps: la maison de la tortue, l’ermitage du crustacé, mais aussi tous les tatouages qui font du corps un territoire. » --- Gilles Deleuze


Le film sublime de Nathalie Sarraute et Jacques Doillon (1988) basé sur un texte de Nathalie Sarraute, Pour un oui, pour un non, interprété par Jean-Louis Trintignant et André Dussollier. L'un et l'un s'affrontent dans le regard de l'autre, plus encore, dans l'oreille sourde de l'autre. Raz de mots si semblables, si différents..

Un n'hésite pas à multiplier ses visages afin de forcer la conformité, l'uniformité.

Divin, le un... je parle ici du gout de l'unique, de ces percées du vocabulaire : j'adore (mais pas dieu) c'est adorable, divin, « Tu es un ange », « C'est diablement intéressant! », « mon petit démon »... L'explication unique concentre tout l'inconnu dans ce qui appparait connu et distant. On montre pour mieux cacher. D'ailleurs nous connaissons tous les méfaits des tentatives de représentation de certians précieux personnages. Mahommet, dessné des milliers de fois, mais pas par nous, reproduite sur des manuscrits et objets artisanaux ou profanes, des tapis, notamment, mais attention, chhhhut!!! Faut pas le dire.

Encore des entourloupettes, mais la pluralité de ce qui apparait unique se fait jour...

Un de perdu, dix de retrouvés… Qui y croit? La véritable différence, elle inspire crainte, l'exclusion, le rejet, l'opposition à moins qu'elle ne devienne à la mode. C'est celle de qui ne cherche pas à se conformer à la dernière tendance. Car s'il cherche à briller par la rapidité de sa compréhension et de son adhésion au nouveau code, le hun est à cheval sur ses principes.

Opposé à l'autre ou élément simultanément isolé et partie d'un tout, le un est déterminant.


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mardi 26 décembre 2006

Zéro


Rien à faire, c'est zéro. Point de congélation. Pas du tout. Petit pas pour grand tout, en progression arithmétique, petit pas pour grand trou en sens inverse. Ou les deux. Tout cela mène peut-être à zéro.

Niet, nada, ground zero, grand zéro. Petits zéros. Gare aux liaisons dangereuses où tous les super, de Man, à Batman en passant par l'homme araignée pourraient voir leur carrière anéanties.

Néant. Rien. Neandertal et néandertalien. Le pendule du temps inventé va-t-il revenir à zéro? Rien ne se perd, rien ne se crée. Toutes ces mesures sombrent dans la démesure. !0, 9. 8,…. Big Bang? Boum? L'an nouveau?

Le degré zéro de l'écriture. Il fait froid, on gèle. Regard de glace. La planète se réchauffe.

Si zéro était rien, comment pourrait-il être sous zéro? Tout le monde connaît des moins que rien.

Gratuit, gratos, je l'ai eu pour zéro sous. Se méfier. On n'a rien pour rien. Non! Je n'ai rien fait! Ce n'est pas moi… Je suis un gros zéro là-dedans. Vous voyez bien! Moi, je n'y vois rien : zéro. Absolument rien. Que dalle.

Payez zéro intérêt. Aucun intérêt. Zéro, c'est encore mieux que rien. Mieux que des dettes. J'ai zéro sous dans mon portefeuille et le premier arrive. Et le bus arrive. Et zéro trucs dans le frigo.


Zéro sur ma copie. L'agent double zéro sept. Deux fois zéro font zéro. C'est bien ma chance. Zéro faute. Zéro point de démérite à mon dossier.

Combien d'enfants avez-vous? Zéro. Avez-vous gagné un revenu pendant les deux semaines visées par cette déclaration? Si oui, inscrivez le montant. Zéro.

C'est une telle zéro. Il l'épouse sûrement pour son argent. Il parait qu'elle vaut pas mal de zéros Plus de zéros il y a, est-ce que cela fait toujours zéro? Comment expliquer que plusieurs zéros déplacent un point ou une virgule? C'est qu'ils aiment bien se promener trois par trois, ces petits cercles aux visages longs. Qu'un seul couple à la fois, toujours séparé des trios par un petit signe graphique qui drastiquement change la signification.

Je n'ai rien. Zéro absolu, zéro relatif. Celsius, Kelvin ou comme les Anglos nos voisins, Fahrenheit? Quoi, rien? Un toit de carton, un abri, une grotte, une petite chambre, un appart, un logement, un condo, une maison, un château… avec des meubles dedans.

Je n'ai rien : zéro! À part un lit, une chaise, un fauteuil, une petite table de salon, un frigo, un petit poêle, une chaufferette. Un carton, un banc de parc, une bouche d'aération et moi dessus.

Un tsunami est passé. J'ai zéro amis, pas de famille, et des oiseaux se balancent sur la corde à linge.

J'ai la santé, j'ai la vie, à part ça, c'est pas mal zéro. C'est pas mal, zéro! Zéro attente en file pour acheter des carrosses débordant de babioles en affolant quelques électrons en bordure d'un carré de plastique.

Je suis zéro positif. Positivement zéro. Ouf!

Taux de glycémie : zéro. Ah bon, je suis donc mort… Bizarre, je ne sens rien. C'est tout pareil. Zéro. Le point zéro. Et le numéro complémentaire, le zéro. Le zéro. Bonne chance à tous!

Nous reparlerons de la grandiose relation paradigmatique que zéro entretient avec un voisin, beaucoup plus âgé que lui.

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vendredi 22 décembre 2006

Mes amours, les chats...

Entendu sur CISM, cette jolie blague.

Comment appelle-t-on un chat qui tombe dans la peinture (à l'eau, sans danger pour les chats) le jour de Noël?

Réponse plus bas



Un chat peint de Noël..... Hihihihihihihi! J'adore.

Qu'est-ce qu'on fait…e?

Le 25 décembre, si on ne fête pas l'arrivée du « divinenfant », que fête-t-on et comment?

Pourquoi ai-je la nausée (et pas seulement au sens figuré) quand je vois tous ces gens remplir des carrosses débordants de plastique, de bébelles, de Barbies, Bratz et Cie, de monstres, assassins, armes et Cie, de toutes sortes de cochonneries qui finiront un jour ou l'autre à la poubelle après avoir ou non servi et surtout, d'une infinité de choses suppléant au bonheur?

Parce que pour moi, le bonheur ce n'est simplement pas ça.

Et parce que j'ai mal aux autres qui ne passeront pas la journée ou la nuit, qui iront chercher leur survie et celle de leur famille dans un tas de déchets jetés par les riches. C'est donc bien niaiseux et cul-cul… C'est quand même la majorité qui peuple et surpeuple notre planète, qui a faim, soif, peur, froid, mal, etc. J'ai mal à notre planète, qui n'en peut plus d'agoniser.

Ces derniers temps, à Montréal, j'ai pu constater une nouvelle attitude. Plusieurs personnes m'ont affirmé croire qu'il était trop tard pour la sauver et qu'on n'y pouvait rien. Je crois aussi qu'il est probablement sinon trop tard, du moins, moins une. Je ne trouve pas cela plus digne de participer à cette orgie.

En cherchant des certificats cadeaux de temps et de services sur Internet, j'ai fait « Noël sans cadeaux » chez Google. Une seule personne avait osé proposer un Noël sans cadeaux. Elle s'est bien fait rabrouée par la plupart des commentateurs. Tous les autres liens brillaient par leur similitude. Noël sans cadeaux ce n'est pas Noël.

Noël is not well…

J'ai envie de fêter l'hiver, la neige, le solstice, avec du temps, des rencontres, un partage. Quand j'étais petite, les cadeaux servaient à oublier, à compenser. Bien sûr, certains faisaient plaisir. Mais ils répondaient surtout aux « besoins » des parents qui souvent les achetaient à leur propre goût et modelaient ainsi l'enfant qu'ils désiraient que l'on soit, l'adulte qu'ils souhaitaient. L'année la pire, celle de mes presque sept ans, mon père m'avait acheté tellement de jouets que je me souviens d'avoir été envahie par un haut le cœur, une angoisse que je ne comprenais pas mais dévoilait le lien de tout ce qu'il avait à se faire pardonner.

Solutions, suggestions : offrir du temps, des compétences, des activités communes, des services. Dans un contexte où des personnes s'entendent pour participer à un échange de cadeaux achetés, il faut d'abord s'assurer de connaître la personne et savoir ce qui lui ferait vraiment plaisir, de manière à offrir quelque chose qui sera apprécié et utilisé.

Il peut être indélicat d'offrir à quelqu'un un objet d'une valeur monétaire qu'elle ne pourra pas égaler. Ce genre de problème peut aussi se rencontrer avec des cadeaux non liés à des sommes d'argent. Offrir un présent, c'est accepter quelqu'un dans un groupe déterminé. C'est donc mesurer l'importance qu'une personne a pour nous et anticiper celle que l'on a pour elle. Il y a souvent des flottements, des zones grises… Alors, ne pas attendre de réciprocité monétaire ou symbolique est une bonne idée. Et, si on achète, se fixer un budget excluant le plastique.

Moins est plus, dans notre société de surconsommation. Visons moins de personnes sur terre (contrôle des naissances) et partage équitable, éthique sur tous les plans. J'ajoute aux trois E (écologie, économie, éthique) I et S, qui pourraient être inclus dans éthique. I pour idéologie, (attention à la reproduction des modèles et stéréotypes via les jouets et objets offerts ou via les symboles tels le Père Noël ou figure masculine pourvoyeuse; récupérer l'esprit charitable attribué à Nicolas, moins la religiosité pourrait être une excellente idée) et S pour santé (en particulier lié à la nourriture, en cette période où on se la souhaite comme si elle tombait du ciel sans que nous en soyons la plupart du temps en grande partie responsable).

Et bon, que fait-on avec le nom? Pourquoi ne pas plutôt penser que plusieurs de nos noms ont des origines religieuses… Cela fait partie de l'histoire. (On va en avoir des noms de rues et de personnes à changer…) On peut choisir le sens que l'on veut maintenant donner à cette fête et à cette période.

Je ne comprends pas bien la censure des sapins. Il me semble qu'il n'y en a pas beaucoup à Nazareth, Bethlehem et environs… Et la comète qui a dû filer dans le firmament, à cette époque, comme toutes les étoiles fait appel à l'imaginaire. Je rêve ou la ville de Montréal n'a accroché ni les uns ni les autres, cet hiver? Je n'ai aperçu que des couronnes à boucles. (On va en avoir à vider, des musées… Brûler tous les tableaux de la Renaissance, c'est écolo???)

Un vraiment joyeux Noël! Et ne vous gênez pas pour donner votre avis sur tout ceci…

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Liens consultés qui pourraient alimenter une partie de votre réflexion :
Réseau québécois pour la simplicité volontaire (RQSV)
Suggestions de cadeaux (RQSV)
Simplifiez le Temps des Fêtes (pdf)
New American Dream



Zed






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