Être dans la vie, c’est souvent comme être au beau milieu de la rue. Ou tu te laisses écraser et c’en est fini de toi ou tu traverses. Mais de quel côté aller? Pas le choix. Tu ne veux pas traverser et tu traverses quand même, sans t’en rendre compte. Un vieux réflexe de survie.

D’un côté, il y a des gens armés jusqu’aux dents, qui ont l’air dangereux. Si tu vas de ce côté, tu te sentiras, tu crois, en sécurité. Tu crois qu’ils vont te protéger. Déjà la foule s’est rangée, plein de femmes parmi elle, qui ont appris si longtemps à se taire, à se cacher, à protéger les plus petits du grand méchant loup et pour ce, à se ranger du côté de celui qu’elles croient le plus fort, qui va, sinon les protéger, du moins ne pas les attaquer, croient-elles, même si elles doivent pour cela, traverser d’un côté de la rue à l’autre. Bien des faibles qui n’osent pas, bien des gens qui se dissimulent, dans leurs habits de camouflage, derrière la carrure des soldats à l’attaque. Et qui n’a jamais été faible se jette la première pierre…
De l’autre côté, il y a des gens de toutes sortes. Des gens qui pensent et se penchent pour travailler, d’autres qui se penchent sur un livre et qui pensent pour travailler. Des joyeux, des tristes, des pensifs, des pansés, des écorchés, des blessés, des bien portants, des riants, des toutes-les-sortes-de-gens. Mais ils tentent de réfléchir et passent leur temps à tout remettre en question. Ils sont rarement tranquilles. Ils dérangent. C’est ce qu’ils ont en commun. Et lorsqu’ils voient une injustice être commise, ils ne restent pas là, les bras ballants, la bouche bée. Ils accourent, ils crient, décrient, se mettent même en colère, à l’occasion, souvent, même. Ils agissent. Et qui aime toujours être dérangé/e...
Des gens de l’autre côté qui les observent croient que ce sont des extra-terrestres. Ils disent d’eux qu’ils sont bizarres, différents. Ils croient qu’ils sont extrémistes, radicaux, parce qu’ils se lèvent trop souvent. Au lieu de prendre du prêt-à-porter, ou simplement de ne pas trop hurler, ils passent trop de temps à tout remettre en question pour être normaux.
Décidément, ces gens sont DIFFÉRENTS.
De l’autre côté, il y a des gens de toutes sortes. Des gens qui pensent et se penchent pour travailler, d’autres qui se penchent sur un livre et qui pensent pour travailler. Des joyeux, des tristes, des pensifs, des pansés, des écorchés, des blessés, des bien portants, des riants, des toutes-les-sortes-de-gens. Mais ils tentent de réfléchir et passent leur temps à tout remettre en question. Ils sont rarement tranquilles. Ils dérangent. C’est ce qu’ils ont en commun. Et lorsqu’ils voient une injustice être commise, ils ne restent pas là, les bras ballants, la bouche bée. Ils accourent, ils crient, décrient, se mettent même en colère, à l’occasion, souvent, même. Ils agissent. Et qui aime toujours être dérangé/e...
Des gens de l’autre côté qui les observent croient que ce sont des extra-terrestres. Ils disent d’eux qu’ils sont bizarres, différents. Ils croient qu’ils sont extrémistes, radicaux, parce qu’ils se lèvent trop souvent. Au lieu de prendre du prêt-à-porter, ou simplement de ne pas trop hurler, ils passent trop de temps à tout remettre en question pour être normaux.
Décidément, ces gens sont DIFFÉRENTS.
Mieux vaudra avec eux, s’en tenir au vous, les regarder le moins possible. On en rira plutôt en cachette, quand on se sentira désoeuvré. Surtout, éviter de trop s’approcher. S’en distinguer. Les renier. Rester à l’écart. Ne pas aller là où ils sont. Ne pas…
Et toi qui ne voulais pas choisir, te voilà dans un camp. Puisque tu es encore là, la peau sauve et le sang circulant, c’est que tu as traversé. Car mon vieux, on est toujours dans un camp. Et dans ce camp, inutile d’utiliser le féminin, car de toute façon, le vieux masculin traditionnel l’emporte.
Et toi qui ne voulais pas choisir, te voilà dans un camp. Puisque tu es encore là, la peau sauve et le sang circulant, c’est que tu as traversé. Car mon vieux, on est toujours dans un camp. Et dans ce camp, inutile d’utiliser le féminin, car de toute façon, le vieux masculin traditionnel l’emporte.
Image tirée du film « De l'autre côté », Hambourg-Istambul, allers et retours, de Fatih Akin (je n'endosse pas nécessairement le contenu)
J’ai toujours été l’autre et je serai toujours l’autre. Les gens de l’autre côté sont aussi des autres. Mais ils se croient du seul côté valable, viable. Du côté où on n’est pas différent. Pas extraterrestre. Pas radical. Pas bizarre. Pas étrange ou étranger. À la différence que de plus en plus, j’aime mon côté de rue et les gens qui le partagent avec moi. Et comme eux, j’aime faire signe aux gens qui sont de l’autre côté, des fois que…
Mais si vous préférez me vouvoyer…
Zed
Note : en français (contrairement à l'anglais), on n'utilise pas le « tu » pour généraliser, mais le pronom indéfini « on ». Considérez l'usage ici, comme une interpellation du lecteur ou de la lectrice.
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Mais si vous préférez me vouvoyer…
Zed
Note : en français (contrairement à l'anglais), on n'utilise pas le « tu » pour généraliser, mais le pronom indéfini « on ». Considérez l'usage ici, comme une interpellation du lecteur ou de la lectrice.
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9 airfolie(s):
Les rangés d'un coté sont plus indépendant d'esprit et beaucoup moins ternes qu'ils ne le semblent vu de l'autre... et de l'autre, on est souvent trop occupé a questionner et à parler, à bouillonner et à s'émerveiller devant notre bouillon, pour s'appercevoir que l'on reproduit à notre façon les même schemes d'autorité que chez les rangés...
Se ranger d'un coté ou de l'autre, c'est stagner.
C'est pour ça qu'il y a une route.
C'est sûr que si on se plante au beau milieu, on va se faire écraser...
Mais pas si on décide de la suivre.
Car on voit très bien ce qu'il y a de chaque coté...
Mais pas ce qu'il y a au bout.
Et moi, c'est ça qui m'intéresse.
Qui parle de se ranger? ;-) (Se ranger n'est tellement pas dans mon lexique et dans ma grammaire...)
Mais c'est intéressant ce que tu dis, tu sais. Je ne crois pas que l'on puisse se situer à l'extérieur, pour voir les deux côtés objectivement. En réalité, je ne valorise pas des exemples aussi statiques. C'est dans un contexte précis que j'ai utilisé ça. Je vais donc le préciser.
Je pensais à des prises de position politiques, en particulier lorsqu'on est témoin de discrimination ou de choses du genre. Tout le temps que l'on passe à observer sans se brancher, sans agir, c'est quand même agir. C'est soutenir ce qui se passe. Laisser faire.
Se remettre en question, ça veut dire, dans ce contexte, ne pas détenir la vérité. Être prêt à se transformer, modifier son opinion, à la rencontre de meilleurs arguments, et non pas comme une girouette, mais ne pas baisser les bras et ne rien faire, car ne rien faire consciemment, c'est appuyer ce qui se passe.
J'aime la fin de ton commentaire. Elle me rejoint tout à fait. Ne pas voir ce qui est au bout, c'est pour moi ne pas détenir la vérité, la vision totale, objective.
Mais tu sais, même en faisant des erreurs, j'ai toujours privilégié ne pas laisser faire et prendre position, débattre, agir plutôt que d'attendre LA position parfaite, LA vision totale parfaite, LA vérité de LA véritable action. Bon, tu vois, je crois.
En passant, Alain, j'ai enfin (ce soir) retrouvé le son sur mon ordi. Je vais pouvoir aller faire mon tour chez toi et regarder les vidéos, finalement!
Zed :)
Et si on jouait au funambule au beau milieu de la route ? On plane, on contemple tout ces gens, on voit très bien les autres côtés car parfois, il y en a plus que deux, et bien qu'on ne sache pas ce qui nous attend au bout du chemin, on ne risque pas de se faire écraser... Ma corde est peut-être invisible, mais elle est longue... ;)
Rosie, Alain,
J'ai ajouté « souvent ». Oui, ça parait simpliste si on applique mon exemple à la généralité et je ne suis pas d'accord non plus.
Sans élaborer, je crois que la vie est un réseau mouvant. MAIS... Quand quelque chose arrive, quand une situation se présente à laquelle il faut réagir, c'est comme être dans le milieu de la rue et on est toujours, veux veux pas dans un camp ou dans l'autre.
Parce que ne rien faire, c'est faire. Ne rien dire, c'est dire. Laisser faire, c'est faire.
Pendant qu'on joue à regarder l'accident, bien, les gens crèvent.
Personnellement, je suis bien tannée de voir des gens méritant notre respect crever et les autres regarder, rire, se détourner. Je n'aime pas indifféremment tout le monde. Je ne tends pas l'autre joue. Je crois à la colonne vertébrale, à la défense des droits de la personne (moins la religion ou toute croyance qui les nie), à l'imposition de ces droits, non négociables. Voilà mon opinion.
Zed
Tu as parfaitement raison, ma belle Zed et je partage ton opinion au centuple ! Cependant, je crois m'être mal exprimée... Ce ne serait pas la première fois, mais enfin... Ce que je voulais dire, en fait, c'est que si je puvais être funambule, je pourrais me permettre de bien voir ce qui se passe dans les deux camps avant de prendre une décision. Une fois que l'ai prise, cependant, je montre alors les dents et me sers de ma colonne vertébrale si des injustices se présentent. Tout comme toi d'ailleurs, je ne tens pas l'autre joue quand on porte atteinte aux droits de la personne et mon entourage m'assure que je me transforme en vrai dragon... Gare aux flammes qui sortent de ma bouche si on fait du mal aux enfants, aux personnes du troisième âge ou aux animaux et si on ne respecte pas les droits des gens qui forment notre planète...
Je t'embrasse Zed et t'offre mes excuses pour la nébulosité de ma réponse précédente...
Mon moral remonte...
Et les discussions hors blogue avec le gars d'en haut sont aussi très chouettes.
Je t'embrasse aussi, Petite rose qui n'hésite pas à montrer ses épines a besoin.
Zed :)
Je suis heureuse d'avoir éclairci mon point de vue, ma belle Zed ! ;) Et quant à mes épines, elles peuvent parfois se montrer vénéneuses, surtout si l'injustice est flagrante...
J'ai l'impression que ce billet parlait d'un cas très précis que je ne connais pas mais ce n'est rien de grave, j'ai aimé lire ce texte et tous les commentaires qui ont suivi.
D'un côté ou de l'autre, au milieu de la route, pour tout voir, au-dessus comme un funambule pour s'élever l'âme, voir les choses globalement, toutes ces considérations imagées sont valables, en autant qu'elles nous ressemblent.
Pour ma part, je n'ai pas trouvé ma position, tout est toujours en mouvement chez moi, les nuances sont riches de vérités, l'harmonie marque plus de points que la force, même quand on parle de convictions, la justesse, comme la justice, réside probablement plus dans les questionnements que dans les réponses.
S'il fallait que je me situe dans cette rue, je ne serais jamais d'un côté ou de l'autre, ni au milieu, ni au-dessus mais je changerais de côté continuellement...
Un drôle d'oiseau!
Rosie,
:)
Zoreilles,
Moi, aussi, je suis en mouvement, mais ce n'est pas applicable dans certaines situations. On ne peut fuir quand on est forcé/e de se prononcer. Pour le reste, c'est dans le commentaire précédent.
Par exemple, le jour des élections. Tu votes? Tu te prononces pour un ou l'autre, ou pour une stratégie. tu ne votes pas? Tu viens de te prononcer pour soutenir peu importe qui gagnera.
Drôle d'oiseau? je crois que ton tétras a réussi à te séduire et te faire croire que tu étais une petite fille pour lui... :D
Zed
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