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vendredi 14 novembre 2008

Élections nationales : excellent texte de la CSN

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Pour faire circuler si vous y croyez.


Je vous suggère de lire cet excellent texte de la CSN, (je ne dis pas qu'il n'a aucune lacune, il en a : la langue, la culture, les droits fondamentaux de la personne, malheureusement très, très escamotés, alors que c'est autour de cela, de valeurs, qu'on bâtit un projet de pays, des valeurs qui vont aussi guider les projets économiques, l'éducation [la critique à l'endroit des actions posées par la ministre Courchesne est réellement déficiente], le dégel des frais de scolarité, qui n'ont pas suivis le reste des augmentations, au fil des ans, l'absence d'analyse des effets pervers de l'augmentation du salaire minimum au lieu d'une baisse équivalente d'impôt retenu à la source en période de crise économique et avec les risques d'une récession sévère, et d'autres) qui vient complémenter l'article en lien à droite au sujet de la première bataille à gagner du PLQ, soit sa justification du déclenchement du processus électoral, en dépit d'annonces contraires et du mécontentement provoqué par cette décision dans la population.

Un extrait :

« Une fois de plus, il nous faudra apprécier les enjeux et les perspectives électorales en fonction du mode de scrutin uninominal à un tour. Nous devrons donc soupeser autant collectivement qu’individuellement l’impact de nos votes dans un tel système afin de maximiser les possibilités réelles d’atteindre nos objectifs.

Cette réforme nécessaire du mode de scrutin, qui avait occupé en 2002 et en 2006 une place importante dans les travaux de l’Assemblée nationale, semble avoir disparu des écrans radars des principaux partis. D’entrée de jeu, nous remettons cette question à l’ordre du jour.

Afin de favoriser réellement l’expression du pluralisme politique de la population, nous interpellons les différents partis afin qu’ils s’engagent à remettre à l’ordre du jour des prochains travaux de l’Assemblée nationale la question de la réforme du mode de scrutin au Québec, et ce, sur la base des orientations suivantes déjà adoptées par la CSN lors de son congrès de 2002 :

Exercer une démocratie représentative

 Que le mode de scrutin actuel soit réformé en un mode de scrutin proportionnel afin que les résultats globaux soient le plus près possible de l’expression de la volonté populaire à l’échelle du Québec, et éventuellement au Canada, et ce, tout en assurant une représentation régionale et une représentation égalitaire pour les femmes.

 Que les élections au Québec soient dorénavant tenues à date fixe.

 Que le chef du gouvernement soit élu au suffrage universel par un mode de scrutin à deux tours.(…) »

Deuxième extrait :

« Ses intentions de plafonner à 3,2 % la croissance des dépenses de programmes pour les cinq prochaines années confirment aussi sa volonté de réduire le rôle de l’État. Cette stratégie budgétaire, amorcée lors de son premier mandat, fragilise le caractère public des services à la population et ouvre la porte à la privatisation et à la tarification des services publics. D’ailleurs, il y a fort à parier qu’avec un retour au pouvoir des libéraux de Jean Charest, le rapport Montmarquette sur la tarification des services publics, lequel prône le principe de l’utilisateur-payeur, ferait un retour en force. Il y a là un réel danger. »

Troisième extrait :

« La mise sur pied d’un groupe de travail sur le financement de la santé, présidé par Claude Castonguay, constitue un autre fait marquant du dernier mandat libéral. Le rapport du groupe de travail, dévoilé en février 2008, favorise une marchandisation accrue des besoins essentiels. Il ouvre la porte à la mixité de pratique des médecins, l’expansion de l’assurance maladie privée, des tarifications et des projets pilotes de gestion privée d’établissements de santé. Malgré une réaction initiale du gouvernement Charest laissant croire au rejet du rapport, on a découvert rapidement qu’au contraire, plusieurs mesures sont mises en chantier : projets d’agences de santé et de services sociaux acheteuses de services, pratiques de gouvernance qui font reculer la participation de la population aux décisions, projets de partenariat public-privé, etc.

Pire encore, le gouvernement libéral a poursuivi, et même accéléré, son virage pour le privé. Plutôt que de trouver des solutions publiques aux problèmes d’accessibilité, le ministre Couillard a donné son appui au projet de la direction de l’Hôpital Sacré-Coeur de transférer des patients en chirurgie à la clinique privée Rockland MD de Montréal. En juin 2008, quelques semaines avant son embauche chez un des plus grands fonds d’investissement privés au Canada, très actif dans le domaine de la santé, Persistence Capital Partners, le ministre faisait approuver le règlement sur les centres médicaux spécialisés privés (CMS). Ce règlement contredit tous les engagements que le gouvernement avait pris à l’occasion du jugement Chaoulli et de l’adoption de la loi 33. Au beau milieu de l’été et en l’absence de tout débat public, il adoptait en catimini un règlement beaucoup plus laxiste encore que celui sur lequel il avait consulté à peine quelques semaines auparavant. Ce règlement entre en vigueur en janvier 2009 et il ouvre la porte à autoriser à peu près toutes les chirurgies dans le secteur privé. »

Troisième extrait, tiré de la conclusion :

« Si l’objectif de Jean Charest de former le prochain gouvernement se réalisait, cela constituerait un troisième mandat consécutif pour un même parti, ce qui serait une première au Québec depuis 50 ans.

Mais il y a plus, il veut renouer avec le pouvoir majoritaire, bref se faire plébisciter en quelque sorte afin de régner sans partage sur l’avenir du Québec.

À cet égard, le fait que les élections au Québec surviennent immédiatement après celles au palier fédéral, jumelé au caractère plutôt aride des enjeux en cause, pourrait bien avoir un effet assez catastrophique sur le taux de participation au scrutin. Or, un faible taux de participation a systématiquement favorisé, depuis 30 ans, l’élection d’un gouvernement libéral majoritaire.

À cette seule perspective, notre mémoire collective doit nous envoyer des signaux d’alarme, car la société québécoise paye encore chèrement les décisions des années où Jean Charest était seul à avoir les mains sur le gouvernail de l’État.

Si le Parti libéral a pris comme prétexte la crise économique pour déclencher des élections afin d’accroître son pouvoir, soyons assurés que s’il est aux commandes pendant encore quatre ans, ses décisions n’affecteront pas que l’économie. »

Une plate-forme d'interpellation des Partis suit la conclusion et cette adresse du blogue de la CSN, en ligne pour toute la durée de la période électorale.

Extrait de la plate-forme qui résume assez bien les positions actuelles des différents Partis quant à la crise économique et au soutien du secteur manufacturier :

« Le Parti libéral propose une approche en parfaite continuité avec ses actions antérieures. Il mise sur : une augmentation des investissements dans les infrastructures, des mesures d’aide aux PME, un appui à la formation de la main-d’oeuvre, un soutien à la rénovation domiciliaire et la protection du pouvoir d’achat. Sur ce dernier point, il faut souligner son engagement à rehausser le salaire minimum et à indexer pleinement les prestations d’aide sociale des bénéficiaires aptes au travail.

Le Parti Québécois souhaite aussi accentuer les efforts dans la formation de la main-d’oeuvre, soutenir les PME et protéger le pouvoir d’achat des individus et des familles. Dans ce cas, il propose un crédit d’impôt sur les paiements d’hypothèque, une aide ponctuelle de 200 $ aux bénéficiaires du crédit d’impôt pour la TVQ ainsi qu’un soutien plus généreux du revenu, pour ceux et celles qui perdront leur emploi. Se démarquant du Parti libéral, il compte mettre à contribution l’ensemble des instruments économiques dont dispose le Québec. Il mise sur des initiatives ponctuelles comme la mise en place d’un Fonds d’investissement stratégique, à hauteur de 10 milliards de dollars, d’une durée de sept ans, géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Le plan de l’ADQ apparaît moins consistant. Il met de l’avant des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat de la classe moyenne (un crédit d’impôt de 50 % sur les intérêts hypothécaires, l’élimination de l’impôt sur les premiers 5 000 $ de revenus provenant du retrait d’un REER ou d’un fonds de retraite à cotisations déterminées). Il revient avec l’idée, presque unanimement décriée, de privatiser partiellement Hydro-Québec. En plus de priver le Québec d’un levier stratégique pour notre développement économique, ce geste fragiliserait encore davantage les revenus de l’État québécois.

Québec solidaire axe son intervention sur la création d’emplois. Pour ce faire, il propose de développer le transport en commun, l’investissement dans l’économie sociale, la création de nouvelles places en CPE, etc. Il souhaite aussi modifier le mandat de la Caisse de dépôt et placement pour le centrer sur le Québec et les seuls investissements en entreprises de façon à ce qu’elle investisse dans les PME, les entreprises écologiques et socialement responsables. Enfin, il s’engage à encourager la création de coopératives de travailleurs et de travailleuses et à exiger des entreprises, qui délocalisent leurs activités, le remboursement de tous les prêts et de toutes les aides fiscales reçues. »



À lire.

Je vous invite à commenter ici afin d'alimenter nos débats, au lieu de regimber sur la morosité de cette campagne dont NOUS, je le rappelle, faisons partie avec NOS responsabilités. Ce nous, c'est celui qui ne lèche pas la télé toute la soirée et avale toutes ses inepties, ce nous est composé de celles et ceux qui ne baisseront pas les bras, même tentés/es de le faire parce que oui, c'est épuisant. Si on est tannés de tourner en rond, il faut sortir du cercle et définir des objectifs, un contenu pour le pays que nous disons vouloir.



Zed ;O)





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7 airfolie(s):

Pierre F. a dit…

Salut Zed,

Pour ce qui est de l'ADQ, ça ne vaut pas plus la peine de commenter que pour Québec Solidaire ou le parti vert. À mon avis, après l'élection, ils ne seront tous les deux que des partis très marginaux. L'extrême gauche et l'extrême droite des tendances. Ils n'ont pas pris le train quand il était en gare, alors ils devront attendre le prochain, si prochain il y a.

En ce qui concerne la représentation proportionnelle, je n'y croit pas. Avoir un représentant de Québec Solidaire à l'Assemblée Nationale n'aurait strictement rien changé aux décisions prises par le Gouvernement. Je pense que la démocratie, ça reste la dictature de la majorité.

J'aimerais, en contre-partie, voir naître au niveau provincial, une formule similaire à celle existant au niveau municipal et permettant à la population de refuser un changement par voie de pétition et éventuellement de référendum ou de retrait du projet. Comme ça, il n'y aurait jamais de chèque en blanc pour un Gouvernement.

Et pour NOTRE pays, oui plusieurs le veulent, mais faut pas que ça coûte cher et que ça ne nécessite aucun effort et aucun sacrifice. lol

OMO-ERECTUS a dit…

Élections? Ca donne le goût de replonger dans un coma de stade 3.

Ce n'est pas mon cynisme compulsif qui m'incite à fermer mon téléviseur, c'est juste l'absence de projet porteur, de vision, d'élévation quoi!

Parlant d'élévation, non mais vous n'avez pas idée de la sensation qu'on éprouve en lévitant...

Heureux de vous lire à nouveau!

Zed Blog a dit…

Pas sûre de ce que tu dis pour l'ADQ, bien que le PQ lui ait piqué sa thématique.

Pourquoi tu ne crois pas à la repséentation proportieonnelle? peux-tu élaborer? Cela me semble contrraditoire avec ce que tu dis ensuite, puisque la majorité, justement n'est pas représentée dans notre système,

Matière à réflexion, ton dernier commentaire au sujet du hola possible sur un projet. Mais je me demande s'il n'y aurait pas une manière moins onéreuse de procéder.

Notre pays, bien, il y a un projet ici, juste en haut de ce billet.Ce n'est pas de ce nous jello dont je parle. celui-là n,a aucune maturité et ne sait même pas ce qu'il veut. Un enfant réclamant un TGV ne comprenant pas ce que cela signifie et piquant sa crise à tout moment pour en avoir un.

Il y a des gens qui viennent ici qui travaillent autour du projet pays Québec, entre autre en bloguant. Pour une personne qui lit et comprend, qui discutera avec d'autres, c'est plusieurs personnes rejointes, grâce à un simple blogue.

Zed ¦)

Zed Blog a dit…

Omo-erectus,

Rien de surprenant à ce que tu aies chosi le jour du saigneur pour faire ton apparition sur mon blogue hautement versé dans ce sujet. (Ou renversé?)

« Ce n'est pas mon cynisme compulsif qui m'incite à fermer mon téléviseur, c'est juste l'absence de projet porteur, de vision, d'élévation quoi! »

Aussi n'est-ce pas la télé que tu dois surveiller! Projet porteur? Il y en a un juste en haut. Et des idées bien int.éressantes un peu partout. Mais c'est du boulot! Il te plait, celui-là?

Parce que tu sais, cher Omo-erectus, même là, tu devras battre des ailes, et c'est un tel effort! Mais le plus petit succès ne peut être obtenu en l'évitant.

En passant, nous avons une fidèle du nom de Tinky, ici, qui est une passionnée de l'homme de Néandert(h)al, ton cousin. Tu fréquentes peut-être encore la famille?

Rebienvenue ici, Omo-erectus. Hier, il n'y avait encore rien de neuf chez toi. C'était avant ton nouveau billet, « Le surprenant », c'est ça? :DDD

Zed ¦)

Pierre F. a dit…

Salut Zed,

En fait, ce que je n'ai pas envie de voir à l'Assemblée Nationale, c'est une multitude de petits partis représentant chacun une certaine partie de l'opinion publique et manigançant les uns les autres pour arriver à dégager une majorité simple lors d'un vote.

Je pense que les projets porteurs, pour une société, seront toujours sujets à contreverse, alors il faut que l'atteinte d'une majorité demeure possible sans trop de compromis, à défaut de quoi on stagne dans l'intendance et la simple gestion des affaires courantes. Je n'envie pas les gouvernements de coalition à l'italienne.

Concernant, les réferendums municipaux, qui sait, peut-être qu'internet pourrait permettre à la population d'exprimer une sorte de droit de veto sans coûts prohibitifs.

Zed Blog a dit…

Pierre,

Tu crois que les proportieonnelles mèneraient à ce genre chose?

Internet. Oierre, je pen sais justmeent la même chose aujourd,hui même. Maais ce faisant, je ne pouvais oublier ça. L'avais-tu vu?

Mais je regardais aussi tout cet amoncellement de plastique, les affiches... Quelle merde polluante... de toutes les manières... Il me semble que nous manquons d'esprit inventif.

Merci pour les précisions intéressantes. Zed ¦)

Zoreilles a dit…

Ce billet comportant des extraits du texte de la CSN valait la peine d'être écrit, donc, d'être lu.

On a beau y relever quelques lacunes, il s'agit tout de même d'un survol de la situation telle qu'elle se présente ici maintenant avec les idéologies (et promesses) de plusieurs partis politiques qui nous courtisent.

Dans une société comme la nôtre, il y a des tendances lourdes, des virages déjà amorcés qu'on aura du mal à freiner, qu'on vote n'importe comment. Je pense par exemple à cette plus grande privatisation des services de santé et services sociaux, les PPP, les coopératives santé et tout ce qu'on nous passe depuis quelques années comme des milliers de petits sapins joliment décorés même en plein été...

Il y a deux grands partis au Québec, ils s'affrontent présentement pendant que pas mal trop de monde baissent les bras. Je serais assez d'accord avec Pierre F., l'ADQ, QS et le Parti Vert, ça reste très marginal mais ça vient jouer un rôle sur l'échiquier politique actuel, soyons-en conscients.

 
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